Pour agir plus efficacement en Afrique, mieux vaut entreprendre que d’envoyer de l’argent

Les entrepreneurs, ingénieurs et chercheurs qui ont à la fois un lien avec la Belgique et un pays africain ont jusqu’au 2 mars pour introduire un projet visant à encadrer une toute nouvelle entreprise pendant six semaines à travers le programme Sustainable Technology for Africa.

Après un projet pilote l’année dernière, les trois organisateurs lancent cette année leur premier concours destiné aux entrepreneurs ayant une idée commerciale durable pour un marché africain. L’initiateur du concours, Entrepreneurs pour Entrepreneurs, une asbl non subventionnée par l’État mais financée par seize entreprises, a reçu le soutien de l’institut flamand pour la recherche technologique (VITO) et de The African Diaspora Projects Initiative.

Une vingtaine de candidatures ont déjà été introduites pour les dix lieux du programme d’encadrement, qui se déroule du 8 mars au 24 avril. La date limite avait été fixée au 2 mars. Un jury désignera les gagnants le 24 avril lors d’un événement de clôture (« pitch event »). L’investissement nécessaire dans l’entreprise ne doit pas dépasser 100 000 euros et les fondateurs doivent apporter eux-mêmes un quart du montant.

Les dix entreprises seront encadrées par des bénévoles de trois types : des entrepreneurs ou managers à la retraite, des managers actifs de membres donateurs d’Entrepreneurs pour Entrepreneurs, comme DEME et Aquafin, et des étudiants qui suivent une formation en management à la Thomas More Hogeschool.

Frustration

Quand on lui demande s’il n’est pas plus facile pour des entrepreneurs belges d’origine africaine de se lancer en Belgique et de poser leur candidature pour l’un des nombreux programmes d’incubation qui existent ici, Björn Macauter, General Manager d’Entrepreneurs pour Entrepreneurs, fait le parallèle avec les montants gigantesques que les personnes d’origine africaine du monde entier envoient chaque année à leur famille.

« Ils envoient des sommes quatre fois supérieures au montant total de l’aide au développement, mais ressentent une certaine frustration parce que cet argent sert surtout à des biens de consommation. Ils aimeraient que ces fonds aient un impact plus positif sur une large communauté, en créant eux-mêmes une petite entreprise par exemple. »

The Forgotten Green Heroes au Cameroun a vu le jour l’an dernier grâce au projet pilote, explique Björn Macauter. « L’instigatrice de ce projet réunit des agriculteurs et les aide à augmenter leur production en respectant l’environnement, notamment en investissant dans des machines. Autre exemple : un entrepreneur d’origine congolaise qui souhaite fabriquer des cosmétiques pour les Africains. À l’heure actuelle, ils utilisent généralement des produits d’entreprises occidentales qui ne sont pas adaptés à leur peau ou à leurs cheveux. »

Benny Debruyne